La FIFA a modifié ses propres règlements afin de permettre aux footballeuses afghanes de changer plus facilement de club, une décision qui remet directement en cause les restrictions imposées par le régime taliban.
L'instance dirigeante mondiale a confirmé jeudi avoir modifié son Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs. Ce changement signifie que toute joueuse originaire d'Afghanistan peut désormais résilier unilatéralement son contrat si elle dispose d'un “juste motif” lié à la situation politique dans le pays.
Cette décision intervient après que les talibans, revenus au pouvoir en 2021, ont interdit aux femmes de pratiquer un sport. De nombreuses footballeuses ont fui l'Afghanistan, mais leurs contrats avec des clubs à l'intérieur du pays les plaçaient dans une zone grise juridique. La nouvelle règle de la FIFA supprime cet obstacle.
Selon le règlement actualisé, une joueuse n'a pas besoin d'attendre une fenêtre de transfert spécifique. Elle peut se déplacer immédiatement si elle prouve que la poursuite de son contrat mettrait sa sécurité ou sa liberté en danger. La charge de la preuve incombe à la joueuse, mais la FIFA a clairement indiqué qu'elle traiterait les cas en provenance d'Afghanistan avec urgence.
Cette mesure est perçue comme une réponse directe à la répression des droits des femmes par les talibans. Depuis août 2021, le régime a fermé les écoles de filles, interdit aux femmes la plupart des espaces publics et les a empêchées de pratiquer un sport. L'équipe nationale féminine afghane a été évacuée vers l'Australie en 2021, mais de nombreuses joueuses sont restées piégées à l'intérieur du pays ou dans des États voisins.
La décision de la FIFA ne s'applique pas uniquement à l'équipe nationale. Elle couvre toutes les joueuses enregistrées en Afghanistan, y compris celles qui jouent pour des clubs locaux. L'instance dirigeante a également mis en place un groupe de travail spécial pour traiter ces dossiers rapidement.
“Il s'agit de protéger les droits fondamentaux des athlètes féminines”, a déclaré un porte-parole de la FIFA. “Aucune joueuse ne devrait être contrainte de rester dans une situation où elle ne peut pas jouer ou où sa vie est en danger.”
Les talibans n'ont pas officiellement répondu à ce changement de règlement. Cependant, le régime a précédemment déclaré que la pratique du sport par les femmes n'est “pas nécessaire” et “contraire aux valeurs islamiques”. La décision de la FIFA montre clairement que le football international n'acceptera pas cette position.
Pour les footballeuses afghanes, ce changement offre une voie légale pour sortir d'un système qui les a exclues du jeu. La question de savoir si elles peuvent emprunter cette voie en toute sécurité reste le prochain défi.
















